Jean David Nkot: Cartographies Mentales

2 - 16 November 2018

Private view Thursday 1 November, 6 - 8 pm.

 

Gardaia, Bobigny, Melila, Nanterre, Paris. Autant de lieux qui se bousculent dans la tête d’un migrant. Sur de grandes toiles, des noms couvrent des cartographies comme dans un cimetière. Du coté de ceux qui entendent au loin les échos du désert, les vagues de la mer nous parviennent en disant qu’il y a des visages, des corps qui seront à jamais figés sur les murs des maisons. Par absence de signes, l’on ne fera pas de deuil. De présence et d’absences, les cartographies se déploient.

 

C’est avec les noms de jeunes gens qui ont quitté leur famille pour l’aventure, c’est en ayant écouté les histoires de ses frères du « Kwatt » qui ont échoué pour la première fois à la traversée et qui s’entêtent toujours à défier les  barbelés des frontières que Jean David peaufine énergiquement des corps tendus de frustrations. Les regards de ces jeunes qu’il nous montre ont des voix :    

 

                   «  De la ou t’es, reçois dans tes yeux

                       Ma soif profonde soif

                       Je creuse mes désirs déçus

                       Et mon ombre croise parfois

                        La tienne »

 

Au-delà des noms de villes parcoures par les migrants, Jean David Nkot sort les corps de l’ombre de leurs paroles blessées pour faire que l’acte même de peindre exprime la manière de prendre à bras le corps la chair souffrante du monde, de coller nos regards sur les muscles, sur les positions de bras lourds, sur des lèvres ouvertes à graver d’autres horizons, de nous introduire dans les tentations des espaces de survie.